e-Learning et collaboration inter établissements
mercredi 3 décembre 2008, par
Contexte
Le Cameroun fait partie des pays qui vont devoir faire face à une explosion démographique qui se traduit notamment par une croissance très forte du nombre d’étudiants entrant à l’Université. A la rentrée 2008, l’Université de Douala a accueilli plus de 42 000 étudiants ! (pour comparer, l’Université de Paris Est - Marne la Vallée en compte 4 fois moins !) Le problème de la rareté des formations locales en Master 2 (Bac plus 5) est aussi important. Ce qui oblige de nombreux étudiants à arrêter leurs études en Master 1 par incapacité à financer des études à l’étranger.

En géomatique, ces deux phénomènes se conjuguent, alors que, comme on peut le voir sur certaines publicités dans les rues de Douala, les applications géomatiques progressent partout en Afrique équatoriale !
De l’idée au projet
Le projet de monter une nouvelle formation diplômante organisée par l’Université de Douala de niveau M2 est venu en décembre 2007 lors d’une réunion sur l’e-learning à l’ENSG. En effet cette formation pouvait s’appuyer sur les contenus numériques et les plates formes d’enseignement à distance du Campus Numérique de l’Université Paris Est MLV et de l’ENSG.
Le soutien du directeur de l’ENSG à cette idée, a débouché sur le dépôt d’un dossier par l’Université de Douala lors d’un appel à projet de l’Agence Universitaire pour la Francophonie en mars 2008.
En juin 2008 le projet a été sélectionné par le comité scientifique de l’AUF, à l’issue d’une sélection rigoureuse. Ainsi a été trouvé l’aide économique indispensable au démarrage de la formation.
L’organisation de la formation
La formation démarrera en octobre 2009, sur l’année universitaire 2009-2010. Elle sera limitée à 24 étudiants, de préférence camerounais la première année. L’organisation de la première session de ce Master qui aura une option « Pro » et une option « recherche » comportera 6 mois de cours et 6 mois de stage. Les 6 mois de cours seront découpés en quatre phases. Ils démarreront en formation à distance sur la plate forme d’enseignement de l’ENSG avec des cours numériques tutorés existants. Ensuite, une période de regroupement de 3 semaines sera ménagée en décembre pour les enseignements qui ne sont pas encore réalisables à distance. La troisième partie sera réalisée à distance. Enfin, viendra le regroupement final d’un mois, suivi par une semaine de révision et des évaluations classiques sur « table » ou en visio conférence pendant une semaine. Ainsi dès la première session 50 % des enseignements seront réalisés en ligne avec deux regroupements pour un total de 2 mois et demi de présentiel.
Le contenu de la formation
Cette formation est destinée à des étudiants ayant validé un master 1 en Informatique. Elle est donc essentiellement composée de contenus informatiques pointus associés aux connaissances en sciences de l’Information Géographique (SIG, Cartographie, Traitement d’images, Géodésie, Photogrammétrie..) permettant de développer des applications géomatiques, en privilégiant l’utilisation des solutions et des formats Open source. Le modèle pédagogique retenu inclus des exercices, des manipulations ou des TD. Les étudiants seront encadrés par au moins un tuteur camerounais à chaque étape de la formation. Le département d’enseignement électronique de l’ENSG sera chargé en mars 2009 de la formation des tuteurs. Par la suite il apportera une assistance technique de suivi des apprenants. Il suivra aussi et évaluera le bon fonctionnement global du dispositif.
Les perspectives
La priorité est de réussir la formation de tous les étudiants inscrits dès la première année afin de permettre de pérenniser cet enseignement. Par la suite, il faudra augmenter le temps des enseignements à distance afin de réduire le présentiel à une seule plage. Cette évolution rendra le Master attractif pour les étudiants francophones de la sous région (Centrafrique, Gabon, Congo…) et pour les professionnels déjà en activité qui souhaitent mener une formation complémentaire tout en poursuivant leurs activités professionnelles.
L’Université de Paris Est s’inscrit dans une perspective de co-diplômation de ce Master, ce qui incitera des étudiants de bon niveau à se distinguer pour obtenir des bourses de thèse.
Enfin, au delà de l’Afrique équatoriale, il n’est pas interdit de penser qu’un réseau des enseignements francophones en géomatique pourra voir le jour en mutualisant les contenus numériques bien gérés et faisant appel à des tuteurs aux compétences complémentaires.
Avant même d’avoir pu mesurer le résultat concret de cette formation –il faut rester mesuré et conscient des difficultés ! - de nombreuses universités de pays du sud toquent à sa porte. Il en va ainsi de l’Université Quisqueya à Port au Prince en Haïti ou de l’Université d’Antananarivo à Madagascar…
Pascal Barbier